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SAUVONS NOS RIVIERES - ACTE 2

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Les poissons migrateurs, un patrimoine inestimable

Les poissons migrateurs font partie intégrante du patrimoine naturel des Hautes-Pyrénées. Et si la truite, espèce repère de notre réseau hydrographique, fait l’objet d’une attention particulière par notre Fédération, les poissons migrateurs occupent une place toute aussi importante, particulièrement le Saumon Atlantique et l’Anguille Européenne qui fréquentent régulièrement nos cours d’eau.

En ce sens, rappelons notamment que la Fédération siège au sein du COGEPOMI Adour, instance qui gère les poissons migrateurs du bassin et où nous portons la voix des pêcheurs et défendons l’intérêt de ces espèces.

RETROUVONS NOS SAUMONS

Le Saumon Atlantique est certainement le plus emblématique de nos poissons migrateurs. Sur l’ensemble de son aire de répartition, et plus encore dans ses limites sud, comme en France, la situation du Saumon Atlantique est aujourd’hui très préoccupante tant les populations sont en déclin.

Autrefois remonté par des dizaines de milliers de saumons, le Gave de Pau, cette rivière emblématique pour la pêche de ce grand migrateur, a vu ses populations déserter son bassin versant depuis le milieu du XXème siècle. Pour cause principale : l’édification de barrages hydroélectriques. Et face à cette situation, la Fédération pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique des Hautes-Pyrénées joue un rôle majeur pour la préservation de cette espèce.

Depuis 2003, nous sommes engagées, avec d’autres partenaires, dans le plan de restauration du Saumon Atlantique dans le Gave de Pau dont les objectifs sont de restaurer la libre circulation, avec des actions sur les ouvrages à court, moyen et long terme, et de maintenir les populations de saumon, avec des campagnes d’alevinages visant à répondre au degré d’urgence de réamorçage du cycle biologique du Saumon Atlantique à court terme.

Depuis le début de ce plan de restauration et les actions menées en faveur du Saumon Atlantique, le nombre de saumons remontant le Gave de Pau est passé de moins de 100 en 2004 à plus de 1000 en 2017, 2018 et 2019. Des résultats encourageants pour la restauration du Saumon Atlantique dans le Gave de Pau, mais qui restent fragiles et nécessitent d’être confirmés.

Ainsi, l’aménagement des derniers barrages posant encore problème devrait être réalisé très rapidement, améliorant encore la continuité écologique, un point particulièrement important pour la réussite du retour du saumon dans nos eaux.

Amis pêcheurs, soyez vigilants, le Saumon Atlantique reprend des couleurs dans les Hautes-Pyrénées et tout salmonidé de plus de 65 cm dans le Gave de Pau a de forte chance d’être un saumon. Sa pêche étant interdite, il doit être soigneusement relâché (voir page 52 du dépliant sur les critères pour différencier un saumon et une truite) !

L'ANGUILLE SOUS PRESSION

« En danger critique d’extinction », voilà le statut de l’Anguille Européenne depuis 2008. Une situation tellement dramatique que l’Anguille Européenne est aux portes de l’extinction à l’état sauvage ! Pour autant, les recommandations émises par les Fédérations de pêche ne semblent guère alerter les pouvoirs décisionnaires…

Le cycle de vie de l’Anguille Européenne est extraordinaire, car long et complexe. Mais il la rend fragile tant les pressions qui s’exercent sur elle peuvent être multiples. Dans les années 1980, les scientifiques annoncent la régression de ses populations. Et pour cause, une pêche considérable est exercée sur l’Anguille à tous ses stades, notamment au stade juvénile dont les captures représentent 97% des individus prélevés sur le stock naturel. Outre cette pêche intensive, les obstacles à la migration, à hauteur de 98000 en France, constituent une véritable menace pour cette espèce, notamment par l’absence de dispositifs de franchissement et la présence des turbines hydroélectriques qui tuent de nombreuses anguilles lorsqu’elles dévalent vers la mer pendant leur migration. S’ajoutent également d’autres menaces comme la destruction des habitats préférentiels, la contamination par les polluants, la modification du Gulf Stream et de l’aire de reproduction par le changement climatique et la concentration croissante des microplastiques.

Face à cette situation, des plans de gestion en faveur de l’Anguille Européenne sont établis depuis de nombreuses années, dont les objectifs sont de réduire les causes de mortalité de l’espèce. Ces actions s’articulent sur : la réduction de la pêche professionnelle et amateur (avec pour exemple la suppression de la pêche de nuit et la mise en place d’un carnet de capture pour la pêche amateur), la restauration de la libre circulation dans les cours d’eau, le repeuplement et la réduction de la mortalité par les turbines hydroélectriques.

La population d’anguilles du bassin Adour n’échappe pas à cette tendance générale. En automne dernier, lors de la révision du PLAGEPOMI Adour et côtiers (plan de gestion des poissons migrateurs) 2022-2027, les Fédérations de Pêche du bassin Adour dont la nôtre ont interpellé l’ensemble des instances qui siègent au comité de gestion des poissons migrateurs (COGEPOMI) sur la situation de l’espèce et sur le degré d’urgence à mettre en place des mesures de gestion fortes et adaptées. Elles ont notamment proposé un moratoire temporaire sur l’exploitation de l’espèce. Cette mesure n’a pas été acceptée dans le prochain plan de gestion. Les Fédérations auront alors joué leur rôle et l’avenir de l’Anguille Européenne s’annonce sombre au vu des dernières mesures votées. Pour autant, nous ne baissons pas les bras et poursuivons nos efforts et notre engagement en faveur de l’Anguille Européenne.